La FP-CSN sonne l’alarme sur la nécessité de s’investir en organisation du travail et de se donner tous les outils pour affronter la nouvelle conjoncture, marquée notamment par l’élimination des lieux de concertation et de consultation citoyenne.

La Fédération des professionnèles (FP-CSN) se place en mode solution pour faire face à la vaste réorganisation en cours dans le réseau de la santé et des services sociaux. En effet, avec l’adoption de la loi 10, qui met en place des mégastructures que sont les centres intégrés de santé et de services sociaux, la FP-CSN s’attend au pire : les nouvelles directions risquent particulièrement d’être dépassées sur le plan de l’organisation du travail. Les syndicats de la fédération ont donc été appelés à être extrêmement vigilants pour éviter les dérives à venir, face à une réforme implantée de façon unilatérale.

«Le personnel professionnel et technique est composé d’experts de la dispensation de services. Nous devons être présents et agir comme une force de changement, tout en respectant nos principes et nos valeurs syndicales, a affirmé le président du Syndicat des professionnèles de la santé et des services sociaux de Québec–Chaudière-Appalaches, Danny Roy, responsable du dossier de l’organisation du travail à la FP-CSN. Nous devons aussi être proactifs, en particulier dans le volet névralgique de l’organisation du travail, pour fournir des solutions concrètes aux changements à venir. Car on semble se diriger non pas vers une réorganisation des services, mais bien vers une grande désorganisation des services. Et ceux et celles qui donnent les services à la population risquent d’en pâtir.»

La Fédération des professionnèles de la CSN sonne donc l’alarme sur la nécessité de s’investir sur ce front et de se donner tous les outils pour permettre d’affronter la nouvelle conjoncture, marquée notamment par l’élimination des lieux de concertation et de consultation citoyenne. «La loi 10 concentre une bonne partie des pouvoirs autour du ministre Barrette, alors il faut absolument que nous puissions agir comme un contre-pouvoir efficace. Nous croyons qu’il sera possible de concilier efficience, qualité du travail et qualité des services, mais cela dépendra en partie de nos interventions syndicales. Notre rôle est de connecter les employeurs avec nos membres pour qu’ils puissent être à l’écoute de ce qui se passe sur le terrain. Ce sont les femmes et les hommes qui sont les mieux placés pour déterminer la façon d’offrir le bon service, au bon moment. Ils sont formés pour évaluer les problématiques vécues par les personnes et y appliquer un plan d’intervention approprié », a rappelé la présidente de la FP-CSN, Ginette Langlois.

Des pistes de solution ont été proposées pour pallier les nombreux inconvénients qui découlent d’une réforme mal conçue et qui risque de mettre à mal rapidement l’ensemble du réseau de la santé et des services sociaux. Mais beaucoup de travail reste encore à faire dans ce vaste chantier. La FP-CSN, qui a développé une expertise de longue date en organisation du travail, compte tenu de sa présence active dans les comités paritaires de relations de travail, poursuit donc sa réflexion en vue d’un plan d’action qui vise à éviter que ne s’accroissent encore davantage les cas d’épuisement professionnel ou encore de harcèlement au travail, deux thèmes également discutés lors de ce conseil.