Pris avec le mandat de faire plus avec moins, la grande majorité des intervenant-es en soutien à domicile ont subi de la surcharge de travail importantes. À Québec, notre syndicat de la FP-CSN a pris les choses en mains en amenant la direction à reconnaître le problème et à trouver des solutions de façon paritaire.

Au cours des dernières années, alors qu’on assiste à une hausse de la demande dans les soins à domicile, on constate une augmentation des délais d’attente, la diminution du nombre d’heures offertes aux patients ainsi que l’alourdissement de la clientèle. Cette situation a créé une pression énorme sur les professionnel-les et les technicien-nes qui leur viennent en aide.

Le programme « Soutien à l’autonomie des personnes âgées » (SAPA), qui regroupe tous les services destinés aux personnes en perte d’autonomie et à leur entourage, vise à permettre aux usagers de demeurer plus longtemps à domicile, alors que ceux-ci sont aux prises notamment avec des problèmes cognitifs (ex. : maladie d’Alzheimer) ou des maladies chroniques. Les personnes techniciennes et professionnelles interviennent dans leur vie quotidienne afin de favoriser leur autonomie et retarder leur déménagement en centre d’hébergement. Toutefois, leur travail est devenu une mission très difficile qui engendre une surcharge de travail et de la détresse psychologique.

En janvier 2015, le syndicat SPSSS-FP-CSN est interpellé par plusieurs membres techniciens et professionnels afin de dénoncer des situations difficiles dans les équipes de travail au soutien à domicile : surcharge de travail, complexité des dossiers, lourdeur administrative, climat de travail difficile, manque de soutien clinique, etc. Nous nous sommes donc outillés pour faire face à cette réorganisation par une démarche d’enquête syndicale en santé psychologique qui a donné des résultats tangibles au niveau de la charge de travail.

La nécessité d’agir pour protéger nos membres

Comme syndicat de la FP, nous nous plaçons constamment en mode écoute et solution. Nous avons donc mené un sondage auprès de nos membres afin de mieux cerner l’ampleur du problème et ainsi monter un dossier très étoffé. Les résultats sont accablants : plus de 85 % des répondants ont constaté de la surcharge de travail et les salarié-es consacrent de 50 à 75 % de leur temps à remplir des formulaires.

Au printemps 2015, nous avons donc mené une tournée auprès des salarié-es. À ce moment, l’employeur ne reconnaissait pas la surcharge vécue par les équipes. Le syndicat a donc déposé une plainte à la commissaire aux plaintes ainsi qu’une plainte à la Direction des ressources humaines du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Le syndicat a effectué par la suite plusieurs représentations auprès de l’employeur et proposé une démarche de comité paritaire sur la charge de travail. Un plan de travail entre la direction et le syndicat SPSSS a été convenu. En novembre 2015, ce comité composé des représentants de la direction du SAPA, des ressources humaines du CIUSSS, des agents syndicaux du SPSSS, des salarié-es en service social, en réadaptation et en nutrition de chacun des territoires a été mis sur pied pour une période de six mois. Ses objectifs sont clairs : la diminution du temps consacré à remplir des formulaires et l’élimination de la surcharge de travail des personnes techniciennes et professionnelles (catégorie 4).

Au bout d’un an de travaux, le syndicat a pu en arriver à des conclusions intéressantes. Il s’agit de solutions à petite échelle qui ont amené des changements significatifs sur la charge de travail. Nous en sommes arrivés paritairement à atteindre nos objectifs par des solutions concrètes et réalistes pour chacune des disciplines concernées : le service social, la réadaptation et la nutrition. Au début novembre, le comité paritaire a rencontré les personnes salariées du SAPA afin de présenter les résultats des travaux.