Alors qu’une de ses membres est toujours menacée d’exclusion du conseil d’administration de l’UQO, la Fédération des professionnèles de la CSN fait état d’une vaste campagne en appui à la professeure Louise Briand.

Le conseil d’administration de l’Université du Québec en Outaouais n’a toujours pas statué sur le sort de la professeure Louise Briand, visée par une plainte qui a été jugée recevable par le Comité de gouvernance et de déontologie de l’UQO. Aucune mention à cet effet n’a été soulevée lors de la séance du conseil d’administration d’hier soir à laquelle Louise Briand a participé et le rapport du comité est toujours attendu. La décision, qui sera vraisemblablement rendue à l’automne, pourrait déboucher sur la révocation du mandat de la professeure du conseil d’administration de l’UQO. Cette décision serait le résultat d’un processus vicié auquel Louise Briand a refusé de participer. Louise Briand a en effet décliné toute possibilité de comparution devant le Comité de gouvernance et de déontologie, considérant cette démarche illégale et non fondée.

La FP-CSN, qui représente près 1 800 professionnels du réseau universitaire (dont celles et ceux de l’UQO), met également en doute l’impartialité du Comité de gouvernance et de déontologie, dont deux des trois membres avaient déjà voté l’expulsion de la professeure pour avoir questionné et critiqué les décisions de l’administration.

L’incertitude plane toujours

À la suite de la menace de révocation de la professeure Louise Briand, la FP-CSN avait lancé une large campagne d’appui dans le milieu de l’enseignement supérieur. Jusqu’à maintenant, plus de 70 lettres d’appui ont été reçues, dont celles de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), de l’Association canadienne des professeurs d’université (ACPU), de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP-CSN), de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) et de plusieurs syndicats de chargées et chargés de cours et de professeures et professeurs de cégep.

La présidente de la FP-CSN, Ginette Langlois, souhaite que cette campagne d’appui puisse mettre fin à cette saga à saveur de règlement de compte. « Nous tenons à éviter que les membres du

C. A. qui questionnent les décisions de l’administration ne soient bâillonnés par les membres qui appuient les décisions de l’administration. Il en va de l’indépendance et de la transparence de l’administration de l’UQO. »

Le président du conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais, Michel Quijada, tient à rappeler le soutien de la CSN à la campagne visant à protéger la démocratie et la représentativité des conseils d’administration. « Pour nous, la liberté d’expression fait partie des principes inaliénables que nous défendons et nous ne laisserons pas tomber Louise Briand ni aucun de nos membres qui sont bâillonnés. Les voix discordantes ont le droit d’être entendues au sein de l’UQO. »

Un enjeu qui dépasse l’UQO

L’enjeu dépasse cependant largement la personne de Louise Briand, rappelle la présidente de la FP-CSN. « Il y a un problème de contrôle du conseil d’administration par les membres externes, estime Ginette Langlois. Ce sont eux et ce sont les cadres qui siègent au conseil qui ont voté pour l’exclusion de Louise Briand lors de la réunion d’avril 2017. Cette volonté de faire taire les voix discordantes existe dans d’autres universités, comme nous l’avons entendu largement lors des récents États généraux de l’enseignement supérieur. Les voix discordantes sont trop facilement étouffées par la simple composition des C. A., qui donne un pouvoir disproportionné à la direction et à des membres externes cooptés par la direction. Au final, la voix des membres de la communauté universitaire est marginalisée, ce qui fait craindre pour la sauvegarde de l’université comme service public. »

La campagne que mène la FP-CSN se poursuivra donc au cours des prochains mois afin d’assurer le maintien de Louise Briand au sein du conseil d’administration de l’UQO et pour dénoncer les actes d’intimidation auxquels elle fait face par des membres du conseil d’administration. L’organisation syndicale souhaite ainsi freiner la dérive autoritaire observée dans les universités québécoises et défendre la liberté de parole, la collégialité et la représentation de la communauté universitaire au sein des conseils d’administration.