Quels professionnels de la santé sont rémunérés 2 $ l’heure de garde? Aucun. Il est temps que le gouvernement reconnaisse le travail des sages-femmes.

Devant l’offre globale inacceptable qui leur a été faite par le gouvernement, le même jour où l’on apprenait l’octroi de plusieurs milliards aux médecins spécialistes, une trentaine de sages-femmes et de parents ont attendu de pied ferme les membres du comité ministériel mandatés par Gaétan Barrette pour négocier avec le Regroupement Les Sages-femmes du Québec (RSFQ). Elles ont ainsi formé une haie d’honneur afin de pousser le gouvernement à démontrer enfin de l’ouverture dans la négociation qui traîne depuis 2015. « Nous sommes outrées de cette offre insultante et des reculs que le gouvernement veut nous faire subir, a lancé la vice-présidente du Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ), Josyane Giroux. Avant les fêtes, le ministre Barrette s’était clairement positionné dans les médias en accord avec la majorité de nos demandes. C’était de la poudre aux yeux. »

« Avec les milliards qu’il vient de distribuer aux médecins spécialistes, force est de constater que ce gouvernement de médecins n’en a vraiment que pour les médecins. Pourquoi est-ce si difficile de le faire réagir lorsqu’il s’agit de groupes de professionnelles comme les sages-femmes? Est-ce parce qu’elles sont des femmes, et qui plus est, parce qu’elles sont peu nombreuses? », a affirmé la présidente de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Ginette Langlois.

Pierres d’achoppement
Rappelons que la garde constitue le pilier de la pratique des sages-femmes, puisqu’elle permet d’assurer la continuité des soins durant toute la grossesse, l’accouchement et le suivi postnatal. À l’heure actuelle, les sages-femmes sont payées moins de 2 $ l’heure de garde effectuée. Or, l’offre du gouvernement leur ferait enregistrer un recul de près de 1700 $ par année pour une sage-femme à temps complet. Notons que d’autres demandes ont aussi été écartées, comme le dédommagement de 10,75 $ réclamé pour les journées d’utilisation du véhicule. « Le gouvernement veut négocier avec nous en faisant fi de ce que notre travail engendre comme dépenses et comme exigences. Lors des journées de garde, nous sommes obligées de nous déplacer en voiture afin d’avoir le matériel requis, et pour pouvoir offrir les trois lieux de naissance demandés par la population. Cette obligation entraîne des frais et ce n’est pas normal que nous devions les payer de notre poche. Encore une fois, le gouvernement se moque de nous. »

« Messieurs Couillard et Barrette agissent de façon totalement inéquitable envers ce groupe de quelque 200 femmes, qui sont complètement dévouées aux femmes qu’elles accompagnent ainsi qu’à leur enfant et à leur famille. Ils refusent de façon obstinée de valoriser leur travail et leur envoie des miettes, alors qu’ils ont distribué des milliards aux médecins et qu’ils ont engrangé des surplus indécents avec les coupes dans les services publics. Quels professionnels de la santé sont rémunérés 2 $ l’heure de garde? Aucun. Il est temps que le gouvernement reconnaisse le travail des sages-femmes et leur modèle de pratique qui a fait ses preuves à travers les années. Il est temps qu’il leur donne ce qu’elles méritent : le respect », a conclu la présidente du Conseil central de Québec– Chaudière-Appalaches (CSN), Ann Gingras.