Regroupés devant le Palais de justice de Montréal, les avocat-es du réseau l'Aide juridique ont interpellé le gouvernement Couillard pour mettre fin à une interminable négociation qui fait du surplace depuis maintenant trois ans. La signature du Conseil du trésor se fait toujours attendre.

« Nous ne demandons qu’une chose, puisque tous les autres sujets sur la table sont réglés, et c’est la parité salariale avec les procureurs de la Couronne, a indiqué la présidente du Syndicat des avocates et avocats de l’aide juridique de Montréal, Berna Tabet. Le travail que nous faisons n’est pas moins important, ni moins exigeant que celui de la Couronne. Il s’agit tout simplement d’un principe d’équité : le gouvernement ne peut pas payer davantage l’avocat qui poursuit que celui qui défend. Refuser la parité est une attaque directe à l’intégrité et à la pérennité de notre système juridique ».

La convention des avocat-es du réseau de l’Aide juridique est échue depuis mars 2015. Malgré qu’une entente de principe ait été conclue sur les clauses normatives, le Conseil du trésor n’a toujours pas dégagé les mandats permettant de faire progresser la négociation des nouveaux paramètres salariaux. « Il n’y a aucune raison de ne pas accorder les mêmes échelles salariales à ces avocats-es, souligne Patrice Benoît, trésorier du Conseil central du Montréal métropolitain (CSN).

Nous espérons que le gouvernement Couillard ne tentera pas de se soustraire à ses responsabilités avec les vacances et les élections en repoussant sous le tapis la conclusion de cette entente. Nous allons le talonner en lui rappelant ses responsabilités ». Des actions de mobilisation sont donc prévues partout au Québec au courant des prochaines semaines.

Une bataille récurrente

Au moins quatre fois en 35 ans, les avocat-es de l’aide juridique ont revendiqué et obtenu la parité avec les procureurs de la Couronne. « Cette parité est une question de principe et d’équité qui a toujours été maintenue, rappelle Ginette Langlois, présidente de la Fédération des professionnèles de la CSN (FP-CSN). Elle est une condition essentielle pour conserver la capacité de recrutement et de rétention d’éléments de qualité dans le réseau. Ne pas accorder la parité dévaloriserait les services d’aide juridique et pénaliserait les citoyens les plus démunis de la société. Il n’y aura pas de règlement sans cette parité et le gouvernement le sait ».