Depuis plusieurs semaines, les bruits courent quant au déménagement de certaines activités du Centre de réadaptation Lucie-Bruneau (CRLB), situé dans l’est de Montréal, vers l’Institut de réadaptation Gingras-Lindsay de Montréal (IRGLM), dans l’ouest de l’île.

Le syndicat, tout comme l’ensemble des usagers, s’inquiète de l’impact d’un déménagement de certains programmes à l’IRGLM sur la qualité et l’accessibilité des services aux usagers. Cela forcerait les gens avec un handicap vivant dans l’est de l’île à aller beaucoup plus loin pour recevoir les services qu’ils recevaient jusqu’à présent près de chez eux, dans le seul centre de réadaptation de l’est de Montréal. Nous craignons qu’on demande à des gens qui sont souvent à mobilité réduite de faire au moins 30 minutes de plus pour se rendre à l’IRGLM et que ces personnes finissent par laisser tomber la réadaptation axée sur l’intégration sociale.

Pour le moment, un des pires scénarios envisagés est le déménagement de la majorité des programmes de réadaptation. Toutefois, la ministre Lucie Charlebois est intervenue pour expliquer que l’objectif est de ramener les patients ayant subi des blessures à la moelle épinière, ainsi que les traumatisés crâniens, vers l’Institut Gingras-Lindsay, de façon à ce que tous les services soient offerts au même endroit. Mais pour le moment, tout est encore sur la table.

La FP à la défense de ses membres et des services

Au départ, la direction a mené des consultations auprès des usagers et des employé-es dans l’objectif d’en arriver à une réorganisation des services. Elle s’est fait rassurante en rappelant que la survie du CRLB n’est aucunement menacée. Malgré tout, au syndicat des techniciens et professionnels de la santé et des services sociaux du CRLB, nous sommes demeurés sur le qui vive, puisque cette fusion semblait un choix idéologique et budgétaire qui ne tenait pas compte de la réalité des usagers. Les indications que nous avions de la part des chefs de programmes laissaient croire que sept des dix programmes seraient transférées.

La direction croyait alors que la clientèle provenait principalement de l’IRGLM, ce qui n’est pas le cas. Nous avons tenu à leur démontrer lors du conseil d’administration du 16 décembre, où nous sommes intervenus pour défendre la mission du Centre Lucie-Bruneau. Il semble donc y avoir eu au départ eu une mauvaise évaluation des besoins des usagers et la direction semble finalement avoir compris que la majorité de la clientèle ne souhaite pas obtenir un transfert des activités. Elle a donc paru ébranlée par nos propos et depuis, elle a annoncé l’inclusion de Monika Throner, présidente du comité des usagers du CRLB, au sein du comité stratégique, ce qui favorisera une prise en compte accrue des besoins des usagers. Un nouveau comité composé de trois personnes (clinicien, usager, direction) par établissement (IRD-CRLB-IRGLM) a également été mis sur pied pour faire une évaluation plus juste de la situation.

Lors d’une rencontre avec les employé-es à la mi-février, la direction nous a annoncé qu’elle réorientera sa réflexion pour prendre davantage compte des impacts négatifs prévisibles d’un déménagement sur la qualité des services aux usagers. Qui plus est, elle s’est engagée à faire la tournée des équipes en déficience physique pour avoir une meilleure connaissance de la situation sur le terrain.