Il y a deux ans, la SAQ a lancé une nouvelle marque accompagnée d’un plan marketing pour promouvoir les produits du terroir québécois. Le succès de cette opération ne cesse d’étonner, au grand bénéfice des producteurs, des consommateurs et de l’économie québécoise. Rencontre avec trois membres du SPTP-SAQ au cœur de cette opération.

Les produits alcooliques du Québec ont longtemps souffert d’une perception négative auprès des consommateurs qui se montraient souvent réticents à consommer des produits de chez nous. Cependant, le vent est en train de tourner, mentionne Mar­tine Provost, analyste marketing. « Les gens avaient certains préjugés, surtout au sujet des vins. Nous avons donc voulu leur montrer qu’il y a d’excellents produits à découvrir », affirme-t-elle. L’une des stratégies élaborées par l’équipe des experts produits pour s’attaquer à ces préjugés et pour promouvoir ces vins fut d’organiser des dégustations à l’aveugle lors de salons des vins. « Les clients préféraient en majorité les vins québécois aux vins français », rappelle-t-elle.

À travers des évènements promotionnels, un travail de sensibilisation a donc été effectué. Des producteurs ont notamment été invités en succursale lors de dégustations pour parler de leurs produits, ce qui a séduit plusieurs consommateurs. Peu à peu, ceux-ci ont appris à découvrir et à apprécier les vins québécois avec leurs caractéristiques uniques liées à l’utilisa­tion de cépages adaptés à notre réalité clima­tique. « Il y a encore du travail à faire, comme pour n’importe quelle région, mais jusqu’à maintenant, la campagne est un succès », conclut Martine Provost. En effet, les ventes de vins québécois ont d’ailleurs augmenté de plus de 80 % au cours de la dernière année, un franc succès qui fut également facilité par la présence de sections Origine Québec dans plus de 260 succursales.

De dégustation en dégustation, les Québé­cois ont donc appris à aimer bon nombre de produits québécois, de l’hydromel aux produits de l’érable, en passant par les alcools à base de petits fruits, sans oublier les différentes gammes de cidres. La création de la marque Origine Québec a également contribué à appor­ter une notoriété à ces produits, une mise en valeur appréciée des producteurs québécois, dont les produits sont en compétition avec ceux du monde entier.

La qualité au rendez-vous

Si le volume des ventes a augmenté, c’est surtout en raison de la qualité des produits, qui a fait de grands pas au cours des dernières années, en particulier dans le domaine des vins, assure François Primeau, agent d’infor­mation au développement des affaires pour la campagne Origine Québec. « Pour mener la campagne Origine Québec, les astres étaient alignés : les vins locaux arrivaient à maturité, alors que les consommateurs voulaient les découvrir et que la volonté du gouvernement et de la SAQ était au rendez-vous. » Il rappelle d’ailleurs qu’il s’agit d’une jeune industrie. « Les premières vignes ont été plantées au Québec il y a 30 ans et le premier vin à être commer­cialisé a été vendu à la SAQ en 1996. On commence donc à récolter les fruits d’un travail de longue haleine. Aujourd’hui, il ne fait plus de doute que la qualité est au rendez-vous. »

Les professionnel-les de la SAQ ont d’ail­leurs un rôle à jouer dans l’amélioration des produits. Le chimiste Joseph Tartaglia, qui oeuvre au sein du service de gestion de la qualité, accompagne les producteurs dans leur démarche pour développer de meilleurs produits. « Pour tous les vins, peu importe leur origine, il y a toujours un risque de détériora­tion. Nos analyses chimiques permettent de guider les producteurs dans leurs efforts pour corriger et ainsi s’assurer qu’ils correspondent aux normes. » Donc, selon Joseph Tartaglia, ce service d’analyse gratuit contribue à améliorer les vins québécois d’année en année.