
Au nom des travailleuses syndiquées de l’Accompagnement des femmes immigrantes de l’Outaouais (AFIO), la CSN a déposé deux plaintes au Tribunal administratif du travail et une plainte à la CNESST pour que cesse le harcèlement qu’elles subissent.
« Nous sommes épuisées par ce climat de travail malsain. Nous voulons voir la fin de tout ça. Deux de mes collègues sont tombées en congé maladie cette année pour cause de harcèlement au travail. Ça ne peut pas continuer ainsi. Il faut que ça cesse », affirme, la déléguée syndicale à la négociation, Michelle Makoko.
« Ces 20 travailleuses négocient leur première convention collective. Elles ont fait le choix de se syndiquer pour aller chercher de meilleures conditions de travail, ce qui inclut un milieu de travail sain. Nous sommes donc réunis ici ce matin pour dénoncer la situation et demander publiquement à l’employeur que cessent toutes les représailles envers les travailleuses. Tout ce qu’elles souhaitent, c’est offrir des services à une population vulnérable dans un environnement agréable », lance d’entrée de jeu le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Outaouais (CCSNO–CSN), Alfonso Ibarra Ramirez.
Depuis plusieurs mois, les travailleuses rapportent des situations de dénigrement, un manque de réponses claires de la part de la direction ainsi que des difficultés persistantes dans le traitement de certaines de leurs préoccupations liées aux conditions de travail. La situation est suffisamment sérieuse pour que des recours formels aient été entrepris. Des plaintes concernant des allégations de harcèlement psychologique ont notamment été déposées auprès de la CNESST et auprès du Tribunal administratif du travail.
Le 20 août dernier, la firme Exact RH, nommée par l’employeur, a déposé un rapport dans lequel elle affirme que le climat de travail s’est dégradé depuis la syndicalisation en décembre 2025. Les travailleuses ont eu le droit d’entendre les conclusions, mais le plan d’action proposé pour remédier à la situation est resté caché dans les bureaux de la direction. Une solution est sur la table et l’employeur refuse d’y faire suite.
« Nous emploierons tous les moyens à notre disposition pour aider ces travailleuses à faire leur travail sans que leur bien-être psychologique ne soit mis en péril », clame la présidente par intérim de la Fédération des professionnèles (FP–CSN), Kathrin Peter. « L’employeur a la responsabilité et l’obligation légale de protéger la santé physique et psychologique de son personnel et d’offrir un milieu de travail sain et sécuritaire. Nous allons soutenir ces travailleuses afin que leurs droits soient respectés et que l’employeur prenne ses responsabilités. »
Une première convention collective à négocier
Cette situation survient alors que le syndicat tente de conclure une première convention collective avec l’AFIO. Un conciliateur a été nommé au dossier. Une première séance de négociation avec lui a eu lieu le 3 septembre et la prochaine séance est prévue le 2 octobre.
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