« Va-t-il falloir que les sages-femmes se déguisent en hommes pour avoir l'attention du ministre Christian Dubé et de son collègue Carmant ? », ironise Danny Roy, président de la FP-CSN.

Plus de 22 mois après l’expiration de son entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le Regroupement Les sages-femmes du Québec (RSFQ) n’a reçu aucune proposition du gouvernement provincial pour résoudre les enjeux importants de rétention et d’attraction à la profession.

« Non seulement Québec n’est pas assis à la table des négociations, mais il n’a rien à proposer, fait valoir la présidente du RSFQ, Josyane Giroux. C’est une attitude arrogante et misogyne à l’égard d’une profession essentiellement féminine et entièrement dévouée à une période significative de la vie des femmes et des personnes enceintes. »

« Au cours des derniers mois, les représentants du MSSS ne cessent de répéter qu’ils n’ont aucun mandat politique pour négocier quoi que ce soit, ajoute Josyane Giroux. La présidente du Conseil du trésor, Sonia Lebel, et le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, manquent de respect à l’égard des sages-femmes. »

Durant la cinquième vague de la pandémie, les sages-femmes ont maintenu à bout de bras les services pour toute leur clientèle malgré les absences et ont prêté main-forte à plusieurs équipes en périnatalité. Au jour le jour, elles font des suivis de grossesse, assurent la sécurité et le bien-être des mères et des bébés durant les accouchements et en postnatal, dans un réseau de la santé fragilisé, particulièrement en obstétrique.

Un mépris flagrant

On leur demande sans cesse d’en faire plus. « Mais quand il s’agit d’améliorer les conditions d’exercice de la profession, Québec fait preuve d’un mépris flagrant », affirme la présidente du RSFQ.

Depuis des années, les sages-femmes luttent pour une véritable reconnaissance de leur profession. Elles revendiquent des conditions de travail permettant d’attirer de nouvelles recrues et de retenir les sages-femmes d’expérience. À l’heure actuelle, seulement 4,5 % des femmes et personnes enceintes ont accès aux suivis de grossesse avec une sage-femme.

Faut-il être des hommes pour avoir l’attention du gouvernement ?

Pour le président de la Fédération des professionnèles (FP-CSN), Danny Roy, « il est inadmissible que les négociateurs du gouvernement n’aient toujours rien à proposer à la table de négociation, alors que les sages-femmes ont déposé leurs demandes il y a plus de 15 mois ».

« Va-t-il falloir que les sages-femmes se déguisent en hommes pour avoir l’attention du ministre Christian Dubé et de son collègue Carmant ? », ironise Danny Roy, qui n’en revient tout simplement pas qu’on ignore complètement les sages-femmes à un moment où la demande pour obtenir leurs services, permettant d’accoucher hors centre hospitalier et de soulager les unités mère-enfant, n’a jamais été aussi forte.